Vernissage de Fabio Paleari: The Last Beat of Allen Ginsberg
Wednesday, May 5th, 2010FABIO PALEARI
THE LAST BEAT OF ALLEN GINSBERG
Vernissage le 6 mai de 18h à 22h
Lectures de poèmes par Ramuntcho Matta et Robert Montgomery
Exposition du 7 mai au 5 juin 2010
En 1996, peu de temps avant sa mort, Allen Ginsberg tient sa dernière lecture aux Magazzini Generali de Milan. Ce fut une expérience mémorable, pour ceux qui assistaient pour la première fois à l’une de ses lectures publiques, d’avoir l’opportunité de se retrouver devant une personnalité d’un tel charisme et d’un dynamisme si extraordinaire.
De ce dernier voyage en Italie où il parcourut Rome, Turin, Venise et Milan, Allen Ginsberg tissa un lien de longue date avec ce pays, qui fut renforcé par les solides amitiés qu’il noua là-bas. Cette nuit-là, à Milan, il récita quelques-uns de ses plus emblématique poèmes, dialogua avec le public, et chanta plusieurs de ses plus déchirantes psalmodies.
Ce fut en quelque sorte un adieu qui se joua ce soir-là.
Dix ans après la mort du poète, Fabio Paleari monte finalement le film de cette soirée magique, où apparaît un Allen Ginsberg étincelant, puissant, inoubliable.
Dans l’entretien que Ginsberg accorda à Fabio Paleari à la fin de sa lecture, il s’arrête sur de multiples aspects intimes de son travail, parle de ses compagnons de route de la Beat Generation, dévoile les sommets et les frustrations de sa mission de poète, et discute d’art et de politique. Fabio Paleari capture alors les humeurs, les pauses et les réflexions du poète. Cette collection d’images, de gros plans en noir et blanc, puis en couleurs, souligne la polyphonie de la poésie et de la pensée de Ginsberg, tel un équilibre ténu entre modernité absolue et pureté archaïque.
Le résultat est on-ne-peut-plus « ginsbergien » : un témoignage à la fois sec et sophistiqué, où le mot devient image du son et l’idée, l’image-même. Un cri poétique cru s’en émane. Un hurlement, ou ‘Howl’ si vous préférez.
L’exposition THE LAST BEAT OF ALLEN GINSBERG qui mêle film d’archives et photographies nous propose un aperçu documenté et inédit de ce jour-là. L’exposition à la galerie Nuke nous offre l’impression d’être immergé au cœur de la poésie de Ginsberg dans une ambiance tendrement racontée à travers un florilège d’instantanés (polaroïds). L’occasion nous est donnée ici de repenser à l’un des plus grands poètes de ce siècle, de réfléchir à son absolue modernité, à ses convictions politiques et à la vitalité de la Beat Generation.
Fabio Paleari est l’un des photographes les plus radicaux issus de la scène photographique italienne actuelle. Il est l’auteur de journaux intimes où sont chroniquées toutes sortes d’expériences intensément chargées en émotions. On trouve dans son travail une approche intimiste des sujets dont il raconte le quotidien, dont le recueil de photographies « The Leu Family’s Family Iron », sur les Leu, famille d’artistes tatoueurs est l’un des exemples les plus flagrants.
Plus récemment c’est dans l’East End de Londres qu’il capture la vie quotidienne et les nuits blanches foudroyantes de ses habitants. Au beau milieu, se trouve « I won’t give up », histoire d’amour entre deux vrais stars du quartier : Kate Moss et Pete Doherty. Pendant deux ans, Fabio Paleari suit le couple emblématique dans les coulisses de concerts, au pub, dans les hôtels de luxe et dans les cafés cachés au fond de ruelles sombres et douteuses.
Les talents de conteur de Fabio Paleari sont presque perturbants. La magie de son travail réside dans ce subtil équilibre entre art et reportage. Et de cette subtilité qui rend ses photos si sensibles et sensationnelles, il évite gracieusement le sensationnalisme.
Paleari est représenté par Guido Costa Projects à Turin, La Galerie Nuke à Paris et Galleria Seno à Milan.
